Épisode n°9

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Voici la transcription du neuvième épisode de mon podcast Belgitudes: L'école en Belgique (2)



Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast en français facile intitulé Belgitudes

Ce podcast est pour toi si tu apprends le français ou si tu veux découvrir la Belgique. L’objectif est de t’aider à apprendre le français et de te partager ma culture et pour cela, je te propose un nouvel épisode un vendredi sur deux.


Si tu souhaites lire la transcription de ces podcasts, rendez-vous sur mon site internet www.bruxellesjarrive.be Tu peux aussi soutenir mon travail en likant ou partageant cet épisode.


Dans l’épisode n°8, je t’ai parlé du système scolaire belge et je me suis arrêtée à l’enseignement obligatoire. Aujourd’hui, je termine l’aperçu et je te parle du système d’enseignement supérieur en Belgique. Je te parlerai tout d’abord des différentes options qui existent, puis je te parlerai du folklore étudiant et enfin de l’enseignement pour les adultes.


Commençons par le commencement. Pour accéder à l’enseignement supérieur, rappelle-toi, il est nécessaire d’avoir un diplôme de secondaire appelé le CESS, c’est un peu l’équivalent belge du BAC français.

Pour les étudiants qui ont ce diplôme et qui veulent suivre des études supérieures, il y a plusieurs possibilités en Belgique:

- l’enseignement universitaire et non-universitaire

- l’enseignement de type court ou de type long


L’enseignement de type court permet d’obtenir un bachelier, c’est-à-dire un diplôme obtenu après trois ans d’études et l’enseignement de type long permet d’obtenir un master après cinq ans d’études.


Ce système de diplôme correspond au système européen : 3 ans pour un bachelier, 5 ans pour un master, 8 ans pour un doctorat.


Les bacheliers ou les masters peuvent être obtenus dans l’enseignement non-universitaire, donc on a des écoles qui s’appellent les Hautes-Écoles, on a des Instituts (par exemple pour l’architecture) et on a aussi des Écoles supérieures pour le domaine artistique. On peut aussi obtenir un bachelier ou un master dans l’enseignement universitaire.


Alors on compte 6 universités en Belgique francophone et 44 établissements d’enseignement supérieur non-universitaire. Les universités sont à Bruxelles (il y a l’ULB et l’université Saint-Louis), à Liège, à Namur, à Mons et à Louvain-la-Neuve.


La différence majeure entre l’enseignement universitaire et non-universitaire est le secteur d’études. Les bacheliers, en Haute-École, ont souvent une orientation plus pratique (par exemple : les sciences infirmières ou l’enseignement) tandis que l’université permet de développer des connaissances plus théoriques ou d’aller vers la recherche. Les universités en Belgique francophone ont des formations dans trois domaines: les sciences et techniques, les sciences de la santé et les sciences humaines.


Une autre différence avec les Hautes-Écoles est le coût des études ; en Belgique le minerval, c’est-à-dire le prix des droits d’inscription (minerval, c’est un mot belge, tu ne l’entendras pas en France), ce minerval est beaucoup plus élevé pour l’université que pour les Hautes-écoles. Juste l’inscription à l’université peut coûter pas loin de 1000€ par année académique donc en comparaison avec la France, où l’université est accessible au plus grand nombre parce qu’elle n’est vraiment pas très chère, aller à l’université en Belgique est un marqueur social.


Autre chose, il y a une vie estudiantine folklorique assez importante dans les universités belges. Il existe encore aujourd’hui des systèmes de « parrainage » ou d’intronisation des nouveaux étudiants. On les appelle des « baptêmes étudiants » (en France on parle de « bizutage » et il me semble que c’est interdit). En Belgique, ça a une grande importance. Ce sont en fait des activités rituelles qui permettent aux nouveaux, qu’on appelle les « bleus », d’être introduits dans les groupes appelés « cercles étudiants ». C’est un folklore vraiment très présent en Belgique, notamment à l’ULB, l’université de Bruxelles, où on fête la Saint-V à la fin du mois de novembre (c’est fête de la fondation de l’université par Verhaegen, d’où le nom Saint-V). Mais ce folklore est aussi très présent par exemple à Louvain-la-Neuve.

C’est un folklore qui est parfois critiqué car il y a régulièrement des abus ou des accidents liés à une forte consommation d’alcool mais il reste un élément caractéristique de la vie universitaire belge.


Dans cet épisode, je voulais aussi te parler rapidement de la ville de Louvain-la-Neuve, qui est particulière. Si tu es déjà allé à Louvain-la-Neuve, tu as probablement remarqué que cette ville est assez différente des autres villes belges. En fait, c’est une ville très récente !


Elle a été construite dans les années 70 suite à une crise politique qui a entraîné la scission, donc la séparation, de l’Université de Louvain. À l’origine, l’Université de Louvain (Leuven, en néerlandais) était bilingue mais une crise politique appelée « l’affaire de Louvain» a entraîné la séparation de la partie francophone et de la partie néerlandophone. La partie néerlandophone est restée à Leuven et la partie francophone a été re-créée à côté d’Ottignies, dans le Brabant Wallon, dans une ville qui a été baptisée Louvain-la-Neuve.


Au départ, cette ville était un grand campus universitaire et vivait principalement au rythme des étudiants. Par exemple, le week-end, les étudiants rentraient chez leurs parents et la ville était presque déserte. Aujourd’hui, c’est un peu différent parce que la ville s’est développée économiquement mais elle garde une identité universitaire très forte. Quand on pense à Louvain-la-Neuve, on associe généralement l’UCL, donc l’Université catholique de Louvain.


Enfin, un dernier point pour cet épisode ; en Belgique, il est possible d’apprendre à n’importe quel âge grâce à un enseignement qui s’appelle l’enseignement de promotion sociale. Cet enseignement est accessible à partir de 15 ans mais vise surtout les adultes. Alors, souvent, l’enseignement de promotion sociale organise des cours du soir et il est très connu pour les cours de langue. Tu as peut-être d’ailleurs suivi des cours de français dans une école de promotion sociale. Un établissement très connu à Bruxelles est par exemple l’EPFC.


En dehors de cours de langue, c’est un type d’enseignement qui permet de reprendre des études selon un horaire adapté et d’obtenir des diplômes de type court (comme un bachelier) ou de type long (comme un master) à n’importe quel âge, même quand on travaille la journée.


Voilà, je m’arrête ici, je pense qu’avec ces deux épisodes, je t’ai parlé de l’ensemble de l’enseignement qui existe en Belgique francophone. J’espère que tout cela t’a permis de mieux le comprendre et je te retrouve très bientôt !