Épisode n°8

Dernière mise à jour : 30 juin


Voici la transcription du huitième épisode de mon podcast Belgitudes: L'école en Belgique



Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast en français facile intitulé Belgitudes

Ce podcast est pour toi si tu apprends le français ou si tu veux découvrir la Belgique. Mon objectif est de t’aider à apprendre le français et de te partager ma culture.

Si tu souhaites lire la transcription de ces podcasts, rendez-vous sur mon site internet www.bruxellesjarrive.be Tu peux aussi soutenir mon travail en likant ou partageant cet épisode.


Aujourd’hui, je te parle du système scolaire belge.

Si tu vis en Belgique ou tu as prévu d’y vivre, peut-être te demandes-tu comment fonctionne l’enseignement ? Aujourd’hui, j’ai décidé de te parler de l’enseignement en Belgique francophone. Il y a sans doute quelques différences avec la communauté flamande ou germanophone mais elles sont minimes.


L’épisode était un peu long donc je l’ai divisé en deux parties. Aujourd’hui, je te parlerai des différentes étapes dans l’enseignement obligatoire et dans le prochain épisode, de l’enseignement supérieur et de l’enseignement pour adultes.


Allez, c’est parti pour un petit panorama du système scolaire belge !

De manière générale, le système scolaire belge est assez facile à comprendre. Pour une fois, profitons-en !


Première chose à te dire, en Belgique, l’obligation scolaire, c’est-à-dire l’obligation légale pour un enfant d’aller à l’école ou d’être instruit, commence à 5 ans et se termine à la majorité légale, 18 ans. Nous sommes un des rares pays d’Europe à avoir l’obligation jusqu’à 18 ans. Cela dit, il est possible pour les jeunes de travailler en alternance à partir de 15 ans, je t’en parle un peu plus loin.


Donc l’obligation commence à 5 ans mais il est possible d’entrer à l’école dès deux ans et demi. Et entre 2 ans et demi et 6 ans, l’enfant va à l’école maternelle. L’école maternelle est divisée en trois années : première, deuxième et troisième maternelle.

Les objectifs de l’école maternelle sont les premiers apprentissages et la socialisation et les activités préparent l’enfant à l’entrée à l’école primaire.


L’école primaire en Belgique dure six ans, l’enfant y va généralement entre ses 6 et ses 12 ans. Le nom des années est toujours aussi simple, on compte les années : première primaire, deuxième primaire, troisième, etc. jusqu’à la sixième.


En primaire, les enfants ont généralement le même instituteur ou la même institutrice pour un ou deux ans et ils ont quelques autres professeurs comme pour les cours de langue, les cours de gym ou les cours confessionnels. Donc les cours confessionnels, ce sont des cours de religion, de différentes religions, ou de moral laïque, et depuis 2016 les enfants ont en plus des cours de philosophie et de citoyenneté. Les cours de religion ou de morale laïque, c’est assez spécifique de la Belgique, on ne voit pas ça en France, par exemple.


À la fin de la sixième année, les enfants passent un examen standardisé, c’est-à-dire que tous les enfants passent le même examen au même moment dans toutes les écoles, un peu comme le BAC en France. Cet examen s’appelle le CEB, certificat d’études de base, et est une source de stress pour de nombreux enfants et surtout… de nombreux parents.

Ensuite, les enfants qui ont obtenu le CEB passent dans l’enseignement secondaire et là, les choses se compliquent.


Je ne vais pas aller dans les détails trop techniques mais voici quelques informations sur l’enseignement secondaire. Alors, le nom des années est tout aussi simple; on va de la première secondaire à la sixième. La sixième et dernière année est surnommée la rhéto (par exemple on va dire « je suis en rhéto » ou « après ma rhéto »…) parce qu’autrefois en sixième année, on étudiait la rhétorique dans les cours de latin par exemple. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas aujourd’hui mais le nom est resté. Donc c’est un mot que tu peux entendre régulièrement quand on parle d’enseignement en Belgique. « rhéto » c’est aussi le nom des étudiants de sixième année. Et les rhétos, ils partent aussi en voyage de rhéto, qui est un voyage organisé pour chaque classe et qui est un grand moment des études des jeunes Belges.


Alors, en secondaire, il y a quelques changements pour les enfants ; ils n’ont plus un seul instituteur, ils ont un professeur pour chaque matière et un des professeurs est leur titulaire, c’est-à-dire le référent de leur classe.

Après les deux premières années, de nombreuses orientations sont possibles ; ainsi à partir de la troisième année, l’enseignement est divisé en filières :

- générale, pour les cours théoriques qui préparent à l’université

- technique, pour des cours théoriques mais aussi des cours orientés vers un secteur professionnel (comme l’ informatique ou l’éducation)

- professionnel : avec des cours pratiques qui permettent l’accès à un métier à la fin des études

- et artistique : qui est une filière un peu comme la filière technique des cours orientés vers les domaines artistiques.


Enfin, à partir de 15 ans, les élèves qui ont choisi une orientation professionnelle peuvent étudier en alternance, c’est-à-dire qu’ils passent quelques jours en entreprise et quelques jours à l’école. Ce système est possible dans les écoles secondaires qui ont un CEFA (donc c’est un centre d’éducation et de formation en alternance – C.E.F.A mais on le prononce cefa) ou dans des établissements qui s’appelle IFAPME en Wallonie et EFPME à Bruxelles.

Pour ceux qui suivent plutôt une filière technique, artistique ou générale, la fin des études est marquée par un examen standardisé, comme le CEB, qui donne, pour le général, le CESS (le certificat d’enseignement secondaire supérieur). Alors le CESS donne accès à l’enseignement supérieur donc aux universités ou aux écoles supérieures comme les écoles d’ingénieur ou d’architecte.


Alors, avant de te parler d’une autre caractéristique de l’enseignement belge, je voulais indiquer que je t’ai parlé ici de l’enseignement primaire et secondaire qu’on appelle « ordinaire » mais il existe également un enseignement appelé « spécialisé » pour les enfants et les jeunes en situation de handicap. L’enseignement est alors divisé par types de handicap des jeunes et je dois avouer que c’est un système que je connais très mal.


Enfin, il me reste un élément à te présenter, un élément typiquement belge et peut-être le plus compliqué quand on parle de l’enseignement, c’est le système des réseaux.


Alors, si tu vis en Belgique et encore plus si tu as des enfants, tu t’es peut-être posé des questions sur les noms des écoles, surtout en secondaire. En France, c’est facile. Il y a des collèges et des lycées, c’est assez simple. En Belgique, il y a des collèges, des lycées, des athénées, des centres scolaires, etc. Alors comment on fait pour s’y retrouver ?


Eh bien, ces établissements scolaires sont tous de niveau secondaire, quel que soit le nom. On peut donc y aller entre 12 ans et 18 ans. La différence est le subventionnement, c’est-à-dire le financement de l’école. Il y a peu d’écoles privées, en Belgique, la plupart des écoles sont financées par l’État mais à des degrés différents selon le réseau. Donc le réseau, c’est un groupe d’écoles qui répond à des règles de financement différentes.


Sans entrer dans des détails trop techniques, que beaucoup de Belges ne maîtrisent pas forcément, voici les réseaux principaux. Donc on a l’enseignement qu’on appelle « officiel »: c’est un enseignement qui est financé à 100% par l’État et qui répond à des règles plus strictes en termes de recrutement des profs, par exemple


Et puis on a l’enseignement provincial (en Wallonie) et communal (en Wallonie et à Bruxelles), c’est un enseignement financé en partie par l’État et en partie par la Province ou par la commune. Par exemple, il y a des écoles qui sont financées par la Ville de Bruxelles.


Enfin, il y a l’enseignement libre qui peut être confessionnel (donc religieux) ou non-confessionnel. Cet enseignement-là, il n’est pas privé, c’est vraiment important comme notion, ce ne sont pas des écoles privées, comme en France. C’est un enseignement financé par l’État en partie et en autre partie par ce qu’on appelle le pouvoir organisateur. Le pouvoir organisateur, ça peut être une association religieuse. Donc les écoles catholiques vont être financées en partie par l’État belge et en partie par des associations.


Donc pour faire simple, au niveau des noms des écoles, les athénées royaux (si tu vois « athénée royal – blablabla »), ce sont des écoles de l’enseignement officiel. En Wallonie, tu as des athénées provinciaux, qui dépendent de la province. Par contre, les collèges et lycées sont généralement dans le réseau libre. Et donc dans ce réseau libre, les écoles sont majoritairement des écoles catholiques (par exemple à Bruxelles il y a le Collège Saint-Michel, qui est très connu)


Alors, quelle est la meilleure école ? Dans quel réseau on apprend le mieux? C’est très personnel… Il n’y a pas vraiment de réponse à ces questions.


Une information importante, c’est que les profs ont tous les mêmes diplômes que ce soit dans un réseau ou dans un autre, il n’y a pas de différence à ce niveau-là. Et pour les familles, la différence, elle est plutôt d’ordre philosophique. Alors il faut admettre que les écoles libres catholiques ont la réputation de pousser vers l’excellence ou d’être plus élitistes mais gardons en tête que c’est juste une réputation.


Si comme moi, tu aimes comprendre le pourquoi des choses, en fait, ces différences sont l’héritage des premières écoles belges et de la Constitution qui prévoit la liberté d’ éducation morale ou religieuse.


Alors, je termine cet épisode avec un élément qui est important à mes yeux, l’enseignement obligatoire, donc de à 5 à 18 ans, est gratuit en Belgique. C’est un droit fondamental. Alors, même si dans la réalité, il y a de nombreux coûts pour les parents, l’école doit être gratuite et la plus égalitaire possible.


Voilà, j’espère que l’épisode t’a plu, je te retrouve dans le prochain pour te parler de la suite des études et donc de l’enseignement supérieur. À bientôt !