Épisode n°6

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Voici la transcription du sixième épisode de mon podcast Belgitudes: Bruxelles



Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast en français facile intitulé Belgitudes

Ce podcast est pour toi si tu apprends le français ou si tu veux découvrir la Belgique. Attention, je ne suis pas une spécialiste de la Belgique, l’objectif de ce podcast est avant tout de t’aider à apprendre le français et de te partager ma culture. Je parlerai lentement et avec un vocabulaire simple afin de te permettre de comprendre plus facilement.

Si tu souhaites lire la transcription de ces podcasts, rendez-vous sur mon site internet www.bruxellesjarrive.be


Aujourd’hui je te parle de Bruxelles


[Bruxelles arrive, extrait de l’EP Morale, Roméo Elvis et Caballero, 2016]


Première chose à te dire, même si j’adore Bruxelles, je ne suis pas bruxelloise et tu l’as peut-être remarqué dans les épisodes précédents.

Par exemple, lorsque je t’ai parlé des friteries, j’ai oublié de te dire qu’à Bruxelles, on ne va pas à la friterie on va au « fritkot », mot super important à la capitale. Ou quand je t’ai parlé des dialectes, pas un mot sur le brusseleer, cette langue parlée par les Bruxellois. Mea culpa, aujourd’hui j’essaye de réparer tout ça dans un épisode spécial sur la capitale belge.


Autre précision importante, les Français ont tendance à prononcer /Bruk-selles/, mais en Belgique nous disons Bruxelles. C’est la même chose pour l’adjectif bruxellois et pour les choux de Bruxelles (rien à voir mais j’aime bien les choux de Bruxelles).

En cas de doute, on peut se référer à l’immense chanteur belge Jacques Brel qui prononce bien Bruxelles.


[Bruxelles, extrait de l’album Les Bourgeois, Jacques BREL, 1962]


Il y a tellement de choses à dire sur Bruxelles et tu sais que je suis bavarde, je vais donc essayer de faire court (j’ai dit « essayer »). Dans cet épisode je vais te donner quelques repères historiques et géographiques sur Bruxelles. Je te parlerai du dialecte, le brusseleer, et enfin, je te parlerai de quelques lieux emblématiques de la capitale, c’est-à-dire des lieux très connus, très visités.


C’est parti ! Petit cours d’histoire-géo :

Tu le sais, Bruxelles est la capitale de la Belgique, c’est aussi le siège de nombreuses institutions internationales comme celles de l’Union européenne ou de l’OTAN.

Bruxelles est peuplée de plus d’un million deux cent mille habitants, dont 35% sont étrangers. Donc un Bruxellois sur trois n’est pas de nationalité belge et on compte au moins 179 nationalités différentes à la capitale, ce qui est en fait une ville multiculturelle.


Contrairement à Paris, Bruxelles n’est pas divisée en arrondissements mais en communes. Chaque « secteur » de la ville est une commune différente ; au total il y a 19 communes bruxelloises. Par exemple Ixelles, Etterbeek, Saint-Gilles, Schaerbeek, etc. Une des communes s’appelle Bruxelles et pour faire la différence entre la commune de Bruxelles et le « grand Bruxelles », on l’appelle généralement Bruxelles-ville. Et attention, le mot commune, en Belgique, désigne aussi l’Administration communale où tu es sans doute déjà allé si tu vis ici (promis, on ne dira rien sur les Administrations communales)


Il n’y a pas de date de la fondation de la ville mais on a retrouvé des vestiges, donc des ruines de villas romaines, par exemple près du site de Tour et Taxis, et le premier texte qui parle de « Brosella » date de 695.


Bruxelles s’est construite sur les bords de la Senne (oui, c’est le même nom de rivière qu’à Paris mais ça s’écrit différemment, ça n’a rien à voir) et la ville s’est développée grâce au commerce. Au 12ème siècle, Bruxelles devient un carrefour marchand important grâce à la Senne et au canal et elle se protège par une enceinte, donc des murailles, des murs, dont tu peux voir les vestiges, par exemple la Tour Noire qui se trouve derrière l’Église Sainte-Catherine.


Au fil des siècles, la ville se développe et en 1830 lorsque la Belgique devient indépendante, elle est choisie pour devenir la capitale du royaume. Après l’indépendance, il y a une période de grandes transformations pour la ville ; l’Université libre (donc aujourd’hui l’ULB) est créée, de nombreux bâtiments sont construits comme les Galeries royales Saint-Hubert, le Palais de justice, le Monument du Cinquantenaire, etc. Et au début du 20ème siècle, de nombreuses maisons, des maisons privées, de style Art Nouveau sont construites, sous l’influence de l’architecte Victor Horta.


Dans la deuxième moitié du siècle, la ville devient le siège d’institutions internationales, tout d’abord le Marché Commun, c’est l’ancêtre de l’Union européenne, ensuite l’OTAN. Et enfin, aujourd’hui on retrouve le Parlement européen (en partage avec Strasbourg), la Commission européenne, le Conseil européen, le Conseil des Ministres, entre autres. Et Bruxelles possède aussi le plus grand nombre de diplomates après Washington, et parait-il – je n’ai pas vérifié – le plus grand nombre d’espions.

Bruxelles est aussi une ville populaire avec une culture assez marquée. Il est important de savoir que c’est une ville bilingue : le français et le néerlandais sont pratiqués à Bruxelles et les deux langues sont officielles dans les 19 communes. Tu comprends pourquoi les indications sont toujours dans les deux langues, tout comme les noms des arrêts de métro ou de tram ou les annonces dans les transports en commun.


Et puis, il y a une autre langue, le dialecte bruxellois qui s’appelle le brusseleer et qui est encore bien vivant dans certains quartiers populaires comme les Marolles. Le brusseleer, c’est un dialecte brabançon d’origine germanique dans lequel il y a beaucoup de mots français. C’est une belle image de la double identité linguistique belge.


Je te propose d’écouter un petit extrait en brusseleer pour te faire une idée de cette langue. Ici c’est le cycliste Eddy Merckx qui récite la fable « Le corbeau et le renard » en brusseleer.


[Le corbeau et le renard en brusseleer, par Eddy Merckx, La Une, https://www.youtube.com/watch?v=en0iwtyebP8&t=27s ]


Comme beaucoup de dialectes, le brusseleer disparait lentement et la population autrefois bilingue français-brusseleer est devenue en majorité francophone. Mais de nombreux mots sont encore utilisés en français de Bruxelles, par exemple :

- Un zinneke = un chien bâtard ou une personne représentative du métissage culturel bruxellois

- Un ket (ou un tich – c’est la même chose) = un gamin

- Un dikkenek = un vantard, un prétentieux (littéralement un « gros cou »)

- Un peï = un homme, un gars

- Le vogelpik = un jeu de fléchettes / au vogelpik = au hasard


Je te laisse essayer de deviner la signification de ces mots (et si tu ne trouve pas, la solution est sur mon site 😉)


Enfin, je termine l’épisode en te parlant de quelques lieux emblématiques de Bruxelles ; ils sont très nombreux , j’en ai choisi quelques-uns parmi les plus touristiques ou les plus bruxellois.


Top 3 des lieux touristiques :

Numéro 1 : La Grand Place, évidemment. « Plus belle place du monde » d’après l’écrivain Victor Hugo, la Grand Place est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998.

Tu peux y voir l’Hôtel de Ville avec sa flèche qui date du Moyen Âge, la Maison du Roi (où le Roi n’habite pas – c’est le Musée de la Ville de Bruxelles aujourd’hui) et les maisons de différentes confréries comme les brasseurs, les ébénistes ou les bateliers, etc. Les façades des maisons de la Grand Place sont assez différentes le unes des autres et richement décorées. Elles ont été restaurées à la fin du 19ème siècle. C’est assez récent. La Grand Place est aussi décorée un an sur deux d’un immense tapis de fleurs, de fleurs fraiches. Cet événement a lieu le week-end du 15 août et je t’encourage vraiment à aller le voir si tu en as l’occasion.


Numéro 2 : Le Manneken Pis. Le Manneken Pis, c’est cette fontaine avec une statue de petit garçon qui fait pipi qui se trouve à deux pas de la Grand Place. C’est un des symboles de Bruxelles et il daterait de 1451. De nombreuses légendes racontent l’histoire de cette statue. Je pourrais y consacrer un épisode entier. De manière générale, on dit qu’elle représente l’esprit bruxellois, l’indépendance et l’humour des habitants de cette ville.


Et numéro 3 : L’Atomium. L’Atomium, c’est un bâtiment particulier, qui a été construit pour l’exposition universelle de 1958. Il se trouve au plateau du Heysel, dans la commune de Laeken donc au nord de Bruxelles. C’est un bâtiment fait d’acier et d’aluminium et il représente un atome de fer. Il est constitué de neuf boules et de tubes qui les relient. Tu peux visiter six des neufs boules, à l’intérieur, il y a même un restaurant dans l’une d’entre elles.


Je voulais aussi te parler de lieux typiquement bruxellois, je me suis limitée à trois : la place Flagey, le Bois de la Cambre et la place du Jeu de Balle.


La Place Flagey, c’est une des plus grandes places de Bruxelles, elle se trouve dans la commune d’Ixelles. C’est un lieu très festif où se trouve un des fritkots les plus célèbres de la ville mais aussi l’ancienne Maison de la Radio. Aujourd’hui, ce bâtiment est un pôle culturel; et il abrite aussi un bar très vivant, qui s’appelle le café Belga. C’est aussi sur la place Flagey que les frères Delhaize ont ouvert le premier supermarché de Belgique en 1957.


Deuxième choix, le Bois de la Cambre. Le Bois de la Cambre, c’est un immense parc situé au bout de l’Avenue Louise. C’est le lieu de rendez-vous des Bruxellois qui veulent faire du sport ou se détendre entre amis. Il est connecté à une grande forêt qui s’appelle la Forêt de Soignes.


Enfin, la Place du Jeu de Balle, c’est un lieu très typique de Bruxelles, il est situé dans le cœur des Marolles, un quartier très typique, très populaire. Sur cette place tu trouves le Vieux marché, c’est un marché aux puces. Ce marché, c’est le lieu idéal si tu veux trouver des objets anciens, des meubles vintages, des vieux disques, voilà.


Voilà, je m’arrête ici, l’épisode est un petit peu long. J’espère qu’il t’a plu, qu’il t’a donné envie de continuer à découvrir la Belgique et sa culture, voire de prévoir un petit séjour touristique à Bruxelles si tu n’y es pas déjà. À bientôt !