Épisode n°5

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Voici la transcription du cinquième épisode de mon podcast Belgitudes: Le français de Belgique





Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast en français facile intitulé Belgitudes

Ce podcast est pour toi si tu apprends le français ou si tu veux découvrir la Belgique. Attention, je ne suis pas une spécialiste de la Belgique, l’objectif de ce podcast est avant tout de t’aider à apprendre le français et de te partager ma culture. Je parlerai lentement et avec un vocabulaire simple afin de te permettre de comprendre plus facilement.

Si tu souhaites lire la transcription de ces podcasts, rendez-vous sur mon site internet www.bruxellesjarrive.be


Avant de commencer, si tu souhaites soutenir mon travail, je t’invite à liker, commenter et partager ce podcast tout autour de toi.


Aujourd'hui...


[Extrait du film Le dîner de cons, de Francis Veber, Gaumont / TF1 films, 1998, France]

- Je prends l’accent belge ?

- Non !

- Allô ?

- Allô ? Allô ? Euh… Pourrais-je parler à Monsieur Leblanc, juste une fois !

- C’est moi…

- Bonsoir Monsieur Leblanc. Georges Vanbrueghel à l’appareil. Pardon de vous déranger à une heure aussi tardive mais je suis producteur belge, n’est-ce pas, j’arrive de Belgique une fois et je suis très intéressé par votre roman…


Tu l’as peut-être deviné suite à cet extrait du film Le dîner de cons, aujourd’hui, je te parle du français de Belgique.

Tout d’abord, il faut savoir que les Français se moquent souvent de nous parce qu’ils trouvent que nous avons un accent. L’accent belge !


[Extrait du sketch de Coluche "Le Belge"]

C’est tout de suite un gros petit peu, hein ! C’est que les Français, ils se moquent tout le temps de nous. C’est que… moi je le sais tout ça parce que je vais souvent en France…


Dans tous les pays et toutes les régions où l’on parle le français, il y a des petites différences de prononciation ou d’intonation et de rythme, c’est ce qui forme l’accent. Pour la langue française, la norme est le français de Paris. (Et encore, même à Paris, il y a de nombreux accents différents.)

Les Belges ont leur façon de prononcer le français et peut-être peux-tu le remarquer si tu entends un Belge parler.


[Extrait du film Il était une fois une fois, C. Merret-Palmair, D. Brunner, France, 2012]

Ouais… après tu vas un peu plus au sud et là tu arrives à Bruxelles, hein, là tu parles comme tous les Français qui essaient d’imiter les Belges sauf qu’ils y arrivent jamais. Bon après, tu descends encore plus vers le sud et là tu arrives à Liège. À Liège où ils parlent comme ça.


Si on habite à Bruxelles ou dans d’autres régions de la Belgique, l’accent est bien sûr différent. Ce ne sont pas des dialectes, c’est juste une manière différente de prononcer. Pour les Français, cet accent nous donne un air un peu stupide et ils se moquent de nous pour cela. Mais ils se moquent aussi de l’accent suisse ou de l’accent québécois donc… de tout ce qui n’est pas français.


Ensuite, il y a des mots de vocabulaire spécifiques à la Belgique. Ces mots, les Français, ne vont pas toujours les comprendre. Certains sont dans le dictionnaire, d’autres pas. Souvent, ce sont des anciens mots qui ont disparu en France mais ont survécu dans d’autres régions francophones. Par exemple, en Belgique, nous parlons du déjeuner pour le repas du matin, et non pas du petit-déjeuner, et nous parlons du souper pour le repas du soir, et non pas du diner. Ces mots étaient utilisés en France autrefois, mais aujourd’hui ils ne le sont plus vraiment.


Il y a aussi quelques différences de mots pour désigner des aliments (comme les chicons, qui s’appellent des endives en français – les endive c’est un légume, une salade d’hiver) ou le vocabulaire ménager (par exemple les torchons, les essuies, les serviettes… ont des sens différents en France et en Belgique)


Il existe aussi des expressions que l’on utilise seulement en Belgique.

Par exemple :

- Tirer son plan : ça vient du néerlandais et ça veut dire « se débrouiller »

- Tenir avec quelqu’un : qui signifie « faire équipe avec quelqu’un » Tu veux… tenir avec moi ? = tu veux être dans mon équipe ?

- Et une de mes préférées : ça ne peut mal. Ça ne peut mal, cela signifie qu’il n’y a pas de risque, pas de danger. "Je peux laisser ma voiture devant chez toi ? Ca ne peut mal ? "= ça ne risque rien


Nous avons aussi des formules de salutations qui n’existent pas en « français de France » comme « À tantôt » qui signifie « à tout à l’heure ».

À tantôt, c’est une expression que mes amis français aiment beaucoup, ça les fait beaucoup rire, et c’est une expression qu’on utilise quand on va se revoir dans la même journée. On s’est vu ce matin et on se revoit en fin de journée. Pour se saluer, on peut se dire « à tantôt »


Enfin, pour terminer sur la question du vocabulaire belge, nous n’utilisons pas les mêmes nombres. Peut-être te souviens-tu du moment où tu as appris à compter en français : quarante, cinquante, soixante… jusque là tout va bien… et puis… soixante-dix ! Ouais. Ensuite, quatre-vingts et enfin… quatre-vingt-dix, quatre-vingt-onze, quatre-vingt-douze, quatre-vingt-treize… Je continue pas.

Cette manière de compter en français est très bizarre et elle est difficile à apprendre quand on ne parle pas le français comme langue maternelle. En Belgique, nous utilisons aussi quatre-vingts mais nous n’utilisons pas soixante-dix ni quatre-vingt-dix ; nous avons les mots septante et nonante. Et malheureusement, nous n’utilisons pas huitante comme les Suisses, nous utilisons quatre-vingts.

Donc en Belgique, ça donne quarante, cinquante, soixante, septante, quatre-vingts, nonante et cent.


Alors, je t’ai dit que l’accent belge n’était pas un dialecte différent du français, ces mots de vocabulaire non plus. C’est toujours du français.

Par contre, il existe des dialectes en Belgique ; on les appelle des « patois » mais ils sont en train de disparaitre progressivement car les jeunes ne les parlent plus beaucoup. Aujourd’hui, on utilise quelques mots de patois dans la langue familière mais autrefois, nos grands-parents les parlaient couramment.


[Extrait de l’émission – Reportage Faut-il sauver le wallon ?]

- Ah tôdi bene ?

- Ça va bin. Ayi. Ådjourdu et tot les djoû

- Est-ce que… il faut ré-enseigner le wallon à l’école ?

- Oyi, hein, oui oui oui, évidemment hein !


Ces patois sont regroupés en deux grandes familles : le picard et le wallon mais chaque ville ou région a son propre patois. Personnellement, je comprends un peu le borain, qui est parlé autour de Mons, et qui fait partie du picard, mais je ne comprends pas du tout le Liégeois, parlé à Liège, qui est du wallon!


[Extrait du spectacle de Martin Charlier – Les trois petits cochons en wallon]


Voilà, je pense avoir fait le tour des principales spécificités du français de Belgique. Il me reste, pour terminer, à te parler d’une expression que nous avons qui est influencée par la culture belge et elle fait, elle aussi, beaucoup rire mes amis français :


« Il n’a pas toutes ses frites dans le même sachet ».


À ton avis, que signifie cette expression ? Quand est-ce qu’on peut l’utiliser ?


Je te laisse avec cette question, tu peux me donner ta réponse dans les commentaires. J’espère que ce podcast t’a plu et t’a donné envie de continuer à découvrir la Belgique et sa culture. À bientôt !